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 AGENDA

 


ETE 2012


Dioptre : improvisation pour deux espaces
au Festival Agricolodanse, Hameau de DAMIAS, Eourres (53) le 8 au 10 Juin, 2012

Danse : Ephia
Contrebasse : Benoit Cancoin

L’air et l’eau. Et la surface que les sépare : dioptre. On y plonge un bâton. Il se tord le cou. 

Confusions.  Inversions.  Troubles de proximité et de distance.  Ce que je vois au loin me touche.  Des corps étrangers résonnent.  Le creux de l’oreille me remplit de vibrations.  Le naturel est artifice.  Ce qui s’imagine est vrai.

 

LE CORPS: SENS DEDANS DEHORS (stage intensif d’été)
Dédié à la rencontre entre le corps et son environnement
Mené par Ephia avec le contrebassiste Benoit Cancoin
Du 1er au 10 juillet 2012
Sur le Plateau du Velay (43)

Le Corps: SENS DEDANS DEHORS est un stage de danse qui décortique, déplie, sonde, ouvre l’imaginaire du
corps humain au travers d’expériences physiques dans la nature. Le drame camouflé de la terre se révèle à
nous, nous léguant son instabilité, modifiant notre posture et nos pensées. Nous cherchons une résonance corporelle avec le groupe, le lieu, l’objet, et la matière. Ainsi, nous relions le mouvement et la conscience
pour dissoudre les frontières –dedans et dehors.

Djalma Primordial Science a développé ce travail pendant quatre stages d’été de 2002 au 2006 dans le désert du Nouveau Mexique aux Etats-Unis. La recherche se poursuit avec des stages en France dans les gorges du Tarn et Garonne en 2008 et 2009 puis sur le plateau de l’Aubrac en 2010. Cette huitième édition prendra place sur le Plateau du Velay dans le département de la Haute-Loire. Pour plus d'infos, visitez "stages"

 
 

PROJETS EN COURSdrop

PROJET M

Masque, ombres et objets
dansés par Ephia

inspiré par le texte d'André Gide, Le Prométhée Mal Enchaîné

pour voir de la vidéo...

 

 Et si la femme enceinte était une sorte de Prométhée. Elle a dérobé le feu, l’étincelle créatrice des dieux.
En conséquence de son acte, son ventre s’arrondit comme le rocher du Caucase. Un fardeau précieux pour l’avenir pèse en elle, l’oblige à ralentir, lui enseigne la solitude. Et cet aigle dans son giron, qu'elle va apprendre à aimer, qu'elle nourrit d'abord avec son sang puis avec son sein, est-ce que cet aigle lui prêtera ses ailes?

Origine du projet :

Une danseuse enceinte, avec pas mal d’appréhension, souhaitait documenter la métamorphose de son corps, ses humeurs changeantes, ses ressentis de la vie qui pousse en elle. En 2010 elle commence « Projet M : résidence cyclique autour de la maternité » à Ramdam (Sainte-Foy-lès-Lyon). Pendant les neufs mois de gestation et les mois qui ont suivi la naissance de son enfant, elle danse, dessine, écrit, et trace des parallèles entre le mythe de Prométhée et ses ressentis personnels. Elle s’appuie sur le texte d’André Gide dans lequel Prométhée développe de l’amour pour l’oiseau qui vit de lui. Alors que Prométhée faiblit, l’aigle devient gras, fort, resplendissant et finit par emporter le héros de son rocher.

Ephia transforme l’espace scénique en lieu d’accouchement. Elle travaille avec des éléments simples qui rappellent le mythe en question : la flamme d’une seule bougie, l’ombre, les allumettes, une table, la glaise. Seule sur scène, accompagnée simplement par des enregistrements du coeur de son enfant, elle ouvre un espace ombragé et charnel au public.

En parallèle à une exposition de textes et de dessins, la première présentation publique de « Projet M » a eu lieu le  5 novembre 2011 : Prométhée, à peine remis de ses déchirures,  dansait devant une trentaine de spectateurs. Son bel aigle reposait dans les loges.

Le contenu :

« Projet M » explore la notion de maternité en tant qu’amour fou : un sacrifice physique, épuisant, éprouvant et joyeux. La mère qui donne tout, qui offre sa chair pour « réussir un beau bébé », un bel aigle. Elle gonfle, et en même temps elle diminue : ses activités, ses ambitions professionnelles, ses déplacements. En son giron, elle construit un nid douillet ; son corps répartit ses ressources pour nourrir en priorité son aigle. Elle est ravie et ravissante d’être ainsi mangée. 


 « Notre aigle est notre raison d’être, Messieurs » Gide. L’instinct biologique, la continuité de la famille et de l’espèce, la société, même le commerce, félicitent le choix d’une femme d’amener un enfant au monde.  C’est un pas vers la normalité, un pas dans le bon sens. Mais c’est aussi un chemin sanglotant, où la vie effleure la mort. A travers le mythe de Prométhée, « Projet M » révèle un autre aspect de la maternité. Dans la lumière tremblotante d’une flamme, on retrouve une femme vidée. Elle ôte sa chemise avec tendresse et offre sa chair pour calmer les cris de son petit rapace.